Techniquement parlant, le Djembé est un menbranophone à une peau, appartenant à la famille des tambours en forme de gobelet.
djembe

Son origine remonte à la nuit des temps et a donné naissance à de nombreux mythes. L'un d'eux attribue la paternité du Djembé aux chimpanzés: autrefois, à l'époque de So Dyeu,les hommes ne connaissaient pas le djembé,car il appartenait alors aux chimpanzés.Souvent, quand il parcourait la forêt pour chasser, il entendait le roulement du tambour, mais il ignorait ce que c'était.Mais un jour, les singes s'approchèrent de son campement pour manger des fruits dans les arbres et So Dyeu les aperçut en train de frapper joyeusement le djembé. Intrigué, il se dit: " Voici donc l'origine de cette musique !Il faut que je m'empare de cette chose si belle ! "So Dyeu était un grand chasseur, il était même le chef de tout les chasseurs,il n'eut donc aucune difficulté à prendre le singe tambourinaire dans un piège. Alors, il s'empara du d jembé et l'emporta pour le présenter au chef du village. Celui-ci : " Voilà longtemps que l'on entend la voix de cette chose, mais personne ne la connaissait jusqu'aujourd'hui.Pour cela, je te donne ma fille, nous jouerons de cet instrument à ton mariage. "C'est ainsi que depuis ce jour, les chimpanzés, privés de leur tambour,se frappent la poitrine avec les poings tandis que l'usage du djembe se répand parmi les hommes.

L'usage du Djembé est attesté dès le XII°sciècle dans la caste des forgerons Malinké au sein de l'empire Mandingue. A l'époque il n'était utilisé qu'à l'occasion de la fonte du minerai de fer. L'empire Mandingue fut fondé en 1235 par Soundiata Keita. Il atteindra son apogée au XIV°sciècle sous le règne de Kankan Moussa dont la puissance et la richesse furent si grandes que durant son pèlerinage à la Mecque, il distribua tant d'or que la valeur du métal précieux en fut dévaluée dans tout le Moyen-Orient et jusqu'en Europe même.

En 1463 l'invasion des Songhaï et la destruction de Tombouctou mirent fin à sa suprématie. L'empire ne connaîtra plus que le déclin jusqu'au début du 17°sciècle.Néanmoins, les rois et les héros qui participèrent à cette épopée sont toujours très présents dans la culture et la mémoire des peuples d'Afrique de l'Ouest, qui continuent à chanter leurs exploits comme s'ils étaient toujours vivants.

C'est au sein de cet empire qui s'étend de l'Atlantique jusqu'au Niger que l'usage du Djembé se répand dans toutes les ethnies et toutes les castes, devenant l'instrument principal d'accompagnement de la danse en toutes circonstances.

Le Djembé n'est jamais joué seul; il fait partie d'un ensemble constitué d'1 ou 2 solistes,de Djembés d'accompagnement et de Dununs:Les Dununs sont des fûts cylindriques tendus à leurs extrémités de peau de veau.

Il en existe 3 sortes.
Aigu : le Kenkeni, médium : le Sangban, bas : le Dunumba.
dunumba sangban kenkeni

Ils ont chacun un rôle différent:Le KENKENI sert à battre le temps ou à maintenir de façon immuable une très simple et très courte cellule rythmique répétitive.

Le SANGBAN est le soliste des Dununs, il dialogue avec le Djembé solo.C'est lui qui joue les phrases principales qui caractérisent le rythme qui est interprété.

Le DUNUNBA, soliste ou accompagnateur, complète l'ensemble formé par le Sangban et les Djembés. Dans les rythmes appelés Dununba (du nom de l'instrument) joués en Haute-Guinée, c'est lui qui tient le rôle principal.

Les joueurs de Dununs battent leurs tambours avec un bâton de la main droite et peuvent de la main gauche jouer sur une cloche un rythme différent et complémentaire de celui qu'ils jouent sur la peau.Actuellement, les dununs sont souvent disposés en batterie et sont joués par un musicien avec des baguettes. C'est l'ensemble formé par la superposition de ces différents rythmes qui donnent la pulsation fondamentale sur laquelle viennent s'appuyer les solos traditionnels et les improvisations personnelles des Djembéfolas.Dans cet orchestre ou chacun joue sa propre cellule rythmique,c'est la superposition des voix qui forme ce que l'on appelle polyrythmie,base de toute percussion africaine.

Il existe bien sur beaucoup d'autres instruments de tradition mandingue : le balafon ou bala, xylophone pentatonique ou diatonique.

Le bara, tambour formé à partir d'une callebasse.
bara
Le tama,appellé aussi tambour d'aisselle ou talking drum,en forme de sablier,à tension variable.
tama

Le kryin, tambour de bois à fentes longitudinales que l'on joue avec des baguettes, appelé aussi tambour d'appel car on l'utilisait autrefois pour communiquer à distance.
kryin

Les kesekese,hochets de vannerie contenant des graines ou des cailloux.
Le yabara, calebasse entourée d'un filet garni de perles ou de cauris.
yabara

Le karinyan, grattoir métallique.
karinian

Le bolon, harpe basse à trois ou quattre codes constitué d'un manche de bambou et d'une calebasse qui sert de caisse de résonnance.
Le n'goni, harpe traditionnelle des chasseurs à six ou huit cordes.
La kora, harpe à vingt-et-une cordes, instrument des cours royales habituellement joué en solo ou pour accompagner le chant.
Les flûtes de bambous ou de bois décorées d'étoffes ou de cuir, etc...

Grâce à ses sonorités brillantes et variées, sa polyrythmie subtile et raffinée avec les Dununs, ses rythmes spectaculaires, par le charisme des maîtres qui l'ont enseigné, le Djembé s'impose partout. A l'origine pratiqué occasionnellement dans un cercle restreint et dans un cadre rituel, il devient progressivement l'instrument le plus populaire de l'Afrique de l'Ouest,complément indissociable de la danse sur laquelle la musique est toujours parfaitement réglée. Porté sur la scène internationale depuis plus de 40 ans par les ballets africains et l'ensemble des percussions de Guinée, DJOLIBA, ainsi par quelques maîtres de la tradition tels que Adama Drame, Famoudou Konaté, Kassoum Diarra, Mamady Keita...etc., le Djembé a aujourd'hui étendu son influence et sa réputation au monde.